cui cui, nouvel album de notre marraine Marine Rivoal

Marine Rivoal confirme son inscription remarquable dans le secteur de l’album narratif pour les tout-petits.

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Marine Rivoal, cui cui, éditions du Rouergue, février 2016, 13,50 €

L’album pour les tout-petits est récent, aussi récent que la reconnaissance de l’intelligence et de la sensibilité du très jeune enfant et il ne faut certes pas l’oublier. Cependant, dans ce secteur éditorial florissant, qui s’est développé de manière fulgurante depuis le milieu des années 1990, les véritables créations restent finalement assez rares au regard de la production d’albums dans son ensemble et se circonscrivent le plus souvent au livre dit « de concept » (imagier, abécédaire, livre d’apprentissage des notions fondamentales, etc). Si Jeanne Ashbé, Olivier Douzou ou encore Malika Doray, ont donné leurs lettres de noblesses à l’album narratif pour les tout-petits, on rencontre encore trop peu de grandes réussites en ce secteur étroit.

C’est pourquoi il convient de saluer la confirmation de Marine Rivoal avec ce deuxième album publié aux éditions du Rouergue. Après Trois Petits Pois (2012) – un album facétieux, au style graphique tout à la fois sobre, détaillé et très lisible, à la narration minimaliste accompagnant avec intelligence une histoire d’apparition et de d’évolution – elle propose à nouveau un livre pour les tout-petits aussi singulier que parfaitement adapté à son public.

Le registre graphique s’appuie cette fois sur des jeux de couleurs en transparence, permis par une technique de bois gravé (voir la présentation par la créatrice sur le site des éditions du Rouergue) qui privilégient toujours la lisibilité sans faire l’économie du foisonnement. C’est que nous sommes cette fois dans la jungle. Le texte est court, efficace et se centre sur les dialogues des nombreux animaux qui s’affrontent en des joutes donnant autant d’occasions de devinettes visuelles. Le principe de reconnaissance, très évident, permet tout à la fois joie de la découverte et plaisir de l’anticipation, selon l’âge et la sagacité des lecteurs.

C’est d’ailleurs la grande réussite de ce livre que d’offrir une lecture au premier degré tout en ménageant plusieurs autres niveaux. Il en est ainsi de certaines expressions (« détrompez-vous » assure l’éléphant), comme de petites énigmes admirables (tel ce retour aux gazouillis des oiseaux, annoncés par le titre). Comme pour Trois petits pois, le schéma narratif offre un cycle ouvert, prenant plus la forme d’une boucle que d’un cercle fermé. Ici une petite étoile de mer – suivant un parcours rappelant une certaine Jojo – se trouve finalement projetée dans la voie lactée et redonne à chacun sa place, emmenant alors le récit vers le mythe étiologique.

Ce qui n’est pas rien.

Source : blog de Sophie Van der Linden

 

Marine Rivoal

Les projets de Marine ne s’arrêtent pas là puisqu’elle vient de terminer, avec Claire Sichez, la réalisation d’un court métrage « Iâhmès et la Grande Dévoreuse » que l’on espère voir très vite sur France télévisions (plus d’infos ici : http://www.lamenagerie.com/prod_realisations/iahmes-et-la-grande-devoreuse/ et ici : http://iahmesetlagrandedevoreuse.blogspot.fr/).

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